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Bilan de la saison des AG 2021

La saison des Assemblées Générales 2021 a été marquée par l’activité d’actionnaires de plus en plus engagés. Dans un contexte où les formats « distanciels » s’imposent, parfois au détriment de la démocratie actionnariale, cette activité aura permis d’obtenir des avancées significatives.

Le Say-on-Climate, fils de l’engagement actionnarial

Le vote de plusieurs résolutions dites Say-on-Climate est un véritable pas en avant dans la transition écologique des grandes entreprises. Néanmoins, si plusieurs résolutions de ce type ont pu être votées lors de cette saison des AG (Atos, Vinci, TotalEnergies…), il est important de noter qu’elles sont en partie le fruit d’un engagement actionnarial de long terme. Cette année, TotalEnergies a proposé une résolution climatique. C’est un énorme chemin parcouru par le groupe depuis ces dernières années et nous avons voté cette résolution, comme une très forte majorité des investisseurs du Climat Action 100 +, puisqu’elle a obtenu 82% des voix (abstention incluse). Dans ce cadre, la mise en place du Say-on-Climate est un pas de plus dans le long chemin du dialogue mené par Phitrust avec l’entreprise depuis 1999, qui déjà l’année dernière avait conduit TotalEnergies à inscrire la responsabilité environnementale et sociale dans les missions du Conseil d’administration

Enfin, et pour être complet, il faut dire que l’engagement actionnarial devra aussi faire porter ses efforts sur les résultats de ces résolutions. En effet, il conviendra d’évaluer le degré de contrainte qu’elles imposent aux entreprises. De même, une mise à jour régulière devra être réalisée pour rester en phase avec les objectifs et l’avancement du changement climatique.

Partage de la valeur : rémunérations et dividendes au microscope

Un autre sujet récurrent des AG cette année aura été celui du partage de la valeur. Ainsi, les résolutions relatives à la rémunération des dirigeants auront été particulièrement contestées. L’année 2020 avait vu plusieurs annonces de dirigeants souhaitant faire don d’une partie de leur rémunération. 2021 aura vu les actionnaires extrêmement offensifs sur ce sujet. Les rémunérations des premiers dirigeants de Carrefour, Téléperformance, Thales, TotalEnergies, STMicroelectronics, Veolia et Worldline, ont été votées avec des taux de contestations élevés (>40%). 

La question des dividendes aura également été au centre de plusieurs AG. Phitrust a marqué son  opposition au « rattrapage » effectué en compensation de la baisse des dividendes versés en 2020, estimant que le besoin d’investir dans la transition environnementale est prioritaire et pouvait justifier de ne pas accroître en 2021 la rémunération des actionnaires (Arcelor Mittal, Atos, Carrefour, Engie, TotalEnergies…). 

Gouvernance 

Nous avons toujours milité pour une gouvernance solide et représentative des parties prenantes de l’entreprise, équilibrée, comme garante de la mise en œuvre de la nécessaire transition des modèles d’affaires des entreprises. Le cas de Danone a mis en lumière une crise de gouvernance. C’est pourquoi, dans un souci d’unité, nous avons déposé avec d’autres investisseurs professionnels (Mirova, Ircantec, OFI AM, CAVP)  un point à l’ordre du jour demandant aux administrateurs de préciser en assemblée générale leur vision de Danone et ce qu’ils pouvaient apporter au CA. Nous resterons vigilants sur ces sujets de gouvernance qui sont essentiels car d’eux dépendent la bonne mise en place de la stratégie et la réalisation des objectifs en matière environnementale et sociale. L’exemple d’EssilorLuxottica, d’une soi-disant fusion entre égaux, est à ce titre marquant, avec aujourd’hui une gouvernance qui entérine la mainmise, que nous avions prévue dès l’annonce de l’opération, d’un actionnaire italien sur l’ensemble du groupe constitué.


Pour cela, nous avons et comptons encore renforcer notre capacité d’action. Carbone4 rejoint le Comité Technique de notre Sicav d’engagement sur les sujets environnementaux. De nouveaux investisseurs sont venus nous rejoindre. C’est bien, mais encore insuffisant pour constituer un pôle d’engagement actionnarial indépendant en France. La frontière entre la nécessité d’encourager et d’accompagner les entreprises dans leur transition et le vote sanction est un exemple. Beaucoup de gérants vont choisir d’exclure de leurs portefeuilles nombre de sociétés, notamment énergétiques, pour éviter de rédiger des rapports de conformité, d’expliquer aux clients leurs choix… Ce désengagement pourrait alors profiter à des investisseurs non européens, moins scrupuleux sur les questions climatiques…. 

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