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[Edito] Dividendes des sociétés : A-t-on vraiment conscience de l’urgence climatique ?

Les conséquences de l’enjeu climatique sur les entreprises peuvent aller jusqu’à remettre en cause à court et moyen terme leurs activités. Alors que la pression sur les grandes entreprises est de plus en plus forte pour qu’elles modifient leur “business model” pour intégrer ces enjeux, la plupart d’entre elles ont payé en 2021 des dividendes élevés (Pay-out ratio de 80% en moyenne en 2021 pour le CAC40) …

Parallèlement, alors que tous les investisseurs institutionnels américains et européens s’engagent à demander aux entreprises d’accélérer la mise en œuvre de solutions concrètes pour réduire leur empreinte carbone et s’adapter aux changements climatiques attendus, la plupart d’entre eux attendent aussi des dividendes élevés…  Vous parliez de schizophrénie ?! 

Il est vrai que les fonds de pension et caisses de retraite doivent subir la rentabilité nulle ou négative de leurs portefeuilles obligataires, compte tenu du niveau des taux d’intérêts. Cela affecte très fortement leurs performances financières sur lesquelles sont calculées les pensions des retraités… 

Peut-on alors demander “sereinement” aux institutionnels d’accepter une baisse voire un abandon du dividende afin de permettre aux entreprises de garder un maximum de réserves pour mettre en œuvre des plans très ambitieux, seuls à même de transformer rapidement nos économies ? 

Paradoxalement lors de la crise “COVID” que nous venons de vivre, la plupart des entreprises ont limité voire supprimé leurs dividendes compte tenu de l’urgence de la situation. 

Est-ce à dire que nous ne sommes pas encore réellement conscients de l’urgence climatique et des investissements colossaux nécessaires pour adapter nos entreprises ? 

Cela semble le cas, malheureusement. Il est urgent que les investisseurs s’adaptent et demandent aux entreprises de revoir très significativement leur politique de dividendes en présentant des plans de transformation plus ambitieux qui impliqueront plus d’investissements, et ce sur 5 à 10 ans… 

Sommes-nous prêts à le faire ? Ou la performance financière à court terme reste-t-elle la priorité ?  

Attention à ce que notre attitude schizophrène ne crée pas à terme des incompréhensions car les conséquences climatiques et sociales seront alors très élevées.

Olivier de Guerre

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