Actualités

Edito

Retour
Phitrust

[Edito] Les marchés dévissent. Les questions sociales seront-elles au cœur des stratégies des entreprises?

Il aura fallu plus d’un mois pour que les marchés comprennent que la mise en quarantaine d’une grande partie de l’économie chinoise et la propagation du coronavirus dans de nombreux pays entraîneraient

> Un fort ralentissement des échanges mondiaux,

> Des problèmes de rupture dans les chaînes de fabrication avec des composants issus de très nombreux pays,

> Et probablement des faillites de petits commerces et de petites entreprises qui perdent temporairement leurs clients et n’ont pas la trésorerie suffisante pour faire face.

La réaction est d’autant plus forte qu’elle n’avait pas été anticipée et que le niveau des taux très bas voire négatif facilitait la croissance de la dette dans un contexte “hyperoptimiste” sur la croissance économique. Certains s’attendaient même à des marchés plus hauts, n’anticipant pas de hausse des taux d’intérêts à court terme, amenant mécaniquement à relever la valeur des sociétés…

Cette “déflagration” va probablement amener tous les acteurs économiques à réviser leurs perspectives, à couper dans les coûts afin de “préserver les marges” sans se préoccuper des effets induits sur les sous-traitants ou les salariés dont ils se séparent. Certains états comme la France ont des outils qui prendront en charge les personnes licenciées – d’autres non – et en tout état de cause, ces mesures auront un impact important sur la consommation et donc sur la croissance.

Certains prévoient une relocalisation géographique des sites de production pour limiter la dépendance aux importations, mais ce sera long et aura certainement un impact sur l’inflation.

Le risque social est majeur et les entreprises doivent comprendre qu’elles ont un rôle très important à jouer à ne pas céder à la panique, à privilégier toutes les formes possibles pour ne pas licencier afin de garder l’expertise en interne, quitte à réviser à la baisse leurs résultats. Important non seulement pour elles mais aussi pour nos pays qui sont à l’aune de crises politiques majeures avec le Brexit, les questions d’immigration et les incertitudes politiques liées au populisme.

Les actionnaires ont eux aussi un rôle à jouer pour rappeler aux entreprises ce rôle et à anticiper des rendements plus faibles pour les accompagner.

Sauront-ils le faire ?

Olivier de Guerre

Recevoir la newsletter Phitrust

Civilité *: