Actualités

Edito

Retour
Phitrust

[Edito] Quelle Gouvernance chez Renault ?

De façon « inattendue », le Conseil d’administration a décidé le départ immédiat de Thierry Bolloré, Directeur général et ce, juste après la nomination chez Nissan de profils à priori non opposés à développer l’Alliance avec Renault. Y a-t-il un lien entre ces deux décisions ou est-elle liée à des dissensions entre le Président et le Directeur général comme la presse s’en est fait l’écho depuis quelques semaines – Thierry Bolloré ayant visiblement été l’artisan de la fusion avec Chrysler-Fiat qui n’a pas su trouver d’écho favorable notamment auprès de l’Etat français ?

La presse s’est quant à elle fait l’écho de la décision de l’Etat français (actionnaire à 15% par le biais de l’agence des participations de l’Etat) de ne pas s’immiscer dans la gestion de l’entreprise, mais ce dernier a quand même 2 sièges au Conseil d’administration…

Il est fort probable que cette décision soit le fruit d’une volonté « de tourner la page Ghosn », Thierry Bolloré étant le successeur désigné par Carlos Ghosn. Mais cette volonté de « solder l’ère Ghosn » ne semble pas s’appliquer aux membres du Conseil d’administration qui ont soutenu Carlos Ghosn et qui sont toujours présents.

Plus précisément il est incompréhensible pour les actionnaires, qui avaient refusé en 2016 la proposition de rémunération accordée par le Conseil, – et quand même appliquée par le Conseil d’administration – que le Président du Comité des rémunérations qui l’avait présentée en Assemblée générale soit encore Président du Comité des rémunérations de Renault !

Patrick Thomas devrait donner sa démission du Conseil d’administration car il doit assumer le fait de n’avoir pas vérifié que les montants des rémunérations accordées à Carlos Ghosn n’aient pas été intégralement présentés aux actionnaires comme la loi l’impose.
De même, l’ensemble des administrateurs ayant cautionné les décisions de Carlos Ghosn ou n’ayant pas fait leur travail de “contrôle” devraient aussi présenter leur démission et être remplacés par de nouveaux candidats pouvant accompagner la nouvelle stratégie de Renault.

Ce n’est qu’à ces conditions que les actionnaires et le personnel de Renault feront confiance à la nouvelle direction. Sinon, ils penseront que ce sont encore « des accords entre amis »… et que sont sacrifiés certains mais pas ceux qui ont autant de responsabilités, si ce n’est plus, dans la déroute de cette société.

Une bonne gouvernance nécessite une cohérence dans les décisions et les membres du Conseil d’administration de Renault ont une responsabilité collective d’avoir « laissé faire », ce qui devrait les amener, par décence, à ne plus siéger au Conseil !

Olivier de Guerre
Phitrust

Recevoir la newsletter Phitrust

Civilité *: