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ISR et Performance, de l’ESG à l’Impact Investing

Option Finance organisait fin novembre sa 3ème conférence « ISR et Performance » à l’intention des investisseurs institutionnels et gérants d’actifs. Les échanges n’ont pas tant porté cette année sur la performance des produits de la finance dite responsable (qui ne semble plus être le sujet d’actualité pour les intervenants).

De façon plus générale, les échanges ont porté sur le rôle croissant des enjeux ESG (Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance) dans la gestion d’actifs et sur les stratégies d’investissement à adopter.

L’article 173 de la loi pour la Transition Énergétique qui incitent les grands investisseurs à communiquer sur la façon dont ils prennent en compte les critères ESG et le risque climatique dans leur gestion, et la perception d’un intérêt croissant des investisseurs particuliers pour une finance qui fait du sens, expliquent largement l’élan significatif récent pris par l’ISR en France. La question de l’impact environnemental et social des investissements, et la transparence dans leur mesure est aujourd’hui au cœur des débats.  La mesure de l’impact concerne aussi bien les actifs non cotés que les fonds d’actions cotées, d’obligations émises par les entreprises, les États ou les collectivités, notamment les Green Bonds (une émission obligataire sur les marchés financiers pour financer un projet ou une activité à bénéfice environnemental).

Un des grands thèmes de cette conférence concernait les nouvelles tendances autour des Objectifs de Développement Durables des Nations Unies (UN SDGs) et leur intégration dans la mesure d’impact. Les 17 objectifs faisant suite aux Objectifs du Millénaire, se préoccupent des problèmes de société tels que la santé, la faim et la pauvreté, mais également du changement climatique. En revanche, certains en lien avec la justice et la paix sont plus compliqués à mettre en place et sont plutôt du ressort des gouvernements et organisations internationales. Par ailleurs, chaque société de gestion est libre d’appliquer sa propre méthodologie concernant les ODD car il n’existe pas encore d’homogénéisation des mesures d’impact.

Olivier de Guerre, président de Phitrust, spécialiste de l’engagement actionnarial et de social impact investing (Phitrust Partenaires), a animé la table ronde consacrée au sujet “De l’ESG à l’impact investing”. Le panel a réuni des sociétés de gestion faisant la promotion de leurs fonds d’entreprises cotées à impact (NN IP, BNP Paribas AM), la Fondation de France, des spécialistes de la mesure d’impact environnemental (Carbone 4) et des promoteurs de l’ISR tel le Forum de l’Investissement Responsable (FIR) ou l’Association Française de la Gestion Financière (AFG). Ceux-ci ont d’ailleurs œuvré à la mise en place du label ISR, le seul label public en Europe aujourd’hui, qui pousse lui aussi l’exigence de reporting d’indicateurs d’impact.

Un des sujets de cette table ronde était sur la question de la différenciation entre l’investissement à impact, souvent environnemental en lien avec le changement climatique, et l’investissement à impact social, également appelé investissement social et solidaire, dans les sociétés cotées et non cotées, en lien avec les ODD. Le responsable des placements et trésorerie de Fondation de France (FdF), Sébastien Convers, a expliqué que la FdF a «ISRaïsé» son portefeuille à 97% et que les investissements dans le private equity (non côté) permettent de pérenniser les petites sociétés. Selon le directeur des solutions ESG chez Lombard Odier, Robert de Guigné, il y a une forte demande sur les fonds à impact de la part des clients,  qui veulent désormais savoir à quoi sert leurs investissements et les solutions qu’ils apportent à la société. Certains clients souhaitent désormais être renseignés sur la méthodologie de sélection de sociétés ayant un impact social et/ou environnemental  afin de justifier leur présence sein de fonds ISR. Lorsqu’il s’agit d’un investissement à impact social, la performance est tout aussi importante, mais lorsqu’elle est moindre, elle est justifiée par son utilité envers la société au long terme, notamment l’amélioration de la qualité de vie des communautés vulnérables.

De nombreuses questions ont été abordées concernant le rôle des investisseurs eux-mêmes dans le développement de l’impact investing ; analyse, mesure et contrôle de l’impact des investissements et des fonds, etc. On perçoit néanmoins l’intérêt particulier lié au problème de la disponibilité et de la comparabilité de données fiables. Afin de promouvoir ce nouveau type d’investissement, il est primordial de vulgariser ces concepts au grand public. Par ailleurs, il est apparu clairement que les professionnels de la gestion financière n’ont pas la même vision de l’investissement à impact. Les investisseurs doivent donc s’attacher à bien comprendre les stratégies d’investissement sous-jacentes pour bien savoir si l’objectif prioritairement recherché était le rendement financier ou l’impact social.

 

Paul Marouzé

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