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Les administrateurs représentent-ils vraiment les actionnaires ?

Cette question – a priori saugrenue – revient sur le devant de la scène au vu de ce qui se passe chez Vivendi, Renault, Essilor ou Pernod Ricard, pour ne parler que d’événements survenus ce mois-ci.

Chez Vivendi, la révocation du CEO de sa filiale Telecom Italia soulève une fois de plus le rôle des administrateurs dans une société italienne. Ce pied de nez de nos amis italiens s’adresse au principal actionnaire, Vivendi, dont la gouvernance est elle aussi révélatrice de pratiques que nous pensions révolues. Le Président du Conseil de Surveillance chargé de surveiller la stratégie, Yannick Bolloré, est aussi Président Directeur Général de la filiale Havas Advertising, rachetée en 2017 à la famille Bolloré, premier actionnaire de Vivendi…

Chez Renault, l’impossibilité de gestion de Carlos Ghosn, en détention au Japon, a amené les administrateurs à nommer administrateur Thierry Bolloré, sans qu’il soit possible qu’il devienne directeur général délégué en l’absence du PDG, et à donner plus de pouvoir à l’administrateur référent sans qu’il soit nommé Président ! Même si Carlos Ghosn reste présumé innocent, le Conseil aurait dû nommer provisoirement un Président et un Directeur général, et ce tant que Carlos Ghosn ne pouvait exercer ses mandats !

Chez Essilor, les administrateurs ont vendu à leurs actionnaires une « fusion entre égaux » avec Luxottica, mais n’ont pas été capables de contrôler ni les conflits d’intérêts potentiels existant entre le DG de Luxottica et certains fournisseurs, ni la hausse des rémunérations des premier dirigeants (celle de L. Del Vecchio passant de 1M€ à 10M€).

Chez Pernod Ricard, le jeune dirigeant issu de la famille a vu son salaire augmenter de 14% alors que ce n’est absolument pas le cas chez les autres dirigeants ou salariés !

A l’heure où les administrateurs devraient agir dans l’intérêt de l’entreprise, de ses salariés, de ses actionnaires, ces exemples montrent bien une totale déconnexion entre les administrateurs et les actionnaires. Probablement car dans ces sociétés, l’administrateur est un « faire valoir » pour les dirigeants et ne considère pas qu’il est de son devoir de dire NON, de vérifier que les salaires sont en ligne avec ceux payés aux salariés, que les avantages en nature sont « raisonnables » et qu’in fine, les dividendes versés aux actionnaires ne lèsent pas la société.

Nous en sommes bien loin et tant que les administrateurs ne comprendront pas leur rôle et leurs responsabilités vis-à-vis de toutes les parties prenantes, nous pourrons continuer à énumérer les déviances qui sont malheureusement bien souvent porteuses d’abandons et de grosses difficultés.

Il est temps que les investisseurs réagissent : notre Sicav d’engagement Phitrust Active Investors France est le meilleur outil pour ceux qui veulent agir !

 

Olivier de Guerre
Président, Phitrust

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