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Les sociétés françaises versent-elles trop de dividendes ?

La publication par OXFAM du pourcentage de dividendes payés aux actionnaires par rapport aux résultats des sociétés du CAC 40 depuis 2009 a interpellé l’ensemble des parties prenantes. Le taux de 69% est très élevé et très supérieur au taux de 50%, qui était l’objectif de nombreuses entreprises il y a plusieurs années.

La question se pose donc pour les investisseurs institutionnels (majoritaires dans les sociétés du CAC40) qui ont tous voté pour ces distributions élevées, même si certains ont affirmé publiquement qu’ils recommandaient aux sociétés de leur portefeuille de privilégier le réinvestissement aux distributions élevées ou au rachat d’actions.

La plupart des réactions ont porté à juste titre sur la bonne répartition entre le réinvestissement, les primes aux salariés et les dividendes. Toutefois, bien peu de commentaires ont considéré la diversité des entreprises dont il faut tenir compte pour calculer cette « juste » répartition.

Par exemple, les contrats de travail et niveaux de rémunérations des salariés des sociétés du luxe sont très différents de ceux des sociétés de publicité et de communication. Pourtant, les taux de distribution sont équivalents, si ce n’est supérieurs, pour les sociétés de communication. Comment cela se justifie-t-il alors même que les rémunérations sont faibles et les contrats le plus souvent à durée déterminée et renouvelés sur plusieurs filiales successives (en contradiction avec l’esprit de la loi ou l’éthique qu’il faudrait appliquer) ? Cette analyse n’est pas faite aujourd’hui par les sociétés de Proxy alors qu’elle pourrait apporter une information importante aux actionnaires pour juger de la pertinence du taux de distribution.

Paradoxalement, le taux de distribution élevé est aussi lié au faible niveau des taux d’intérêt qui permet aux entreprises de s’endetter à des taux beaucoup plus faibles qu’il y a 10/20 ans et générer de ce fait des résultats beaucoup plus importants par l’effet de levier induit par le niveau des taux.

La distribution très élevée est donc aussi la conséquence de la politique monétaire actuelle qui permet à certaines entreprises de s’endetter à des taux historiquement inconnus et qui ont privilégié un rendement de 4/5% pour les actionnaires pour s’assurer de leur « fidélisation ».

Mais elle pose aussi de façon fondamentale la question de la répartition de ces résultats avec les salariés, qui auraient visiblement dû recevoir des primes plus élevées pour bénéficier aussi de ces très bons résultats. Pour la plupart des sociétés, les démarches en ce sens ont été très timides et auraient dû être plus généreuses. D’ailleurs, la proportion de salariés actionnaires qui pourraient bénéficier de ce généreux niveau de distribution reste faible dans les sociétés cotées.

Il est important que les actionnaires se mobilisent pour expliquer aux conseils d’administration des entreprises qu’une répartition plus équitable des résultats entre les actionnaires et les salariés est nécessaire, pour assurer une convergence d’intérêts entre ces parties prenantes qui peuvent de ce fait créer une vraie valeur de long terme pour l’entreprise.

 

Olivier de Guerre

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