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Parodie de gouvernance à l’AG de Vivendi

L’assemblée générale de Vivendi s’est déroulée jeudi 19 Avril à l’Olympia. Sur scène s’est tenue une parodie de gouvernance, inquiétante pour l’avenir de la société.

CONFUSION DES GENRES ENTRE CONSEIL DE SURVEILLANCE ET DIRECTOIRE

Surprenant les actionnaires, Vincent Bolloré a annoncé qu’immédiatement après l’assemblée générale, se tiendrait un Conseil durant lequel il proposerait la nomination de son fils Yannick Bolloré en tant que président du Conseil de Surveillance de Vivendi (alors qu’il nous avait dit vouloir partir en 2022). Or, Yannick Bolloré est membre du Conseil de Surveillance et en même temps, dirigeant de la filiale Havas. On peut s’interroger sur le rôle du Directoire.

Nous avions questionné Vincent Bolloré au sujet de la présence de dirigeants du groupe Bolloré, actionnaires de Vivendi, au sein du Directoire, tandis que les dirigeants des filiales, notamment Yannick Bolloré et Dominique Delport, étaient membres du Conseil de surveillance. C’est tout le contraire d’une bonne gouvernance, qui voudrait que les représentants de l’actionnaire siègent au Conseil de surveillance, certains membres du Directoire pouvant animer des filiales. La décision de nommer Yannick Bolloré président de Vivendi, alors qu’il préside la filiale Havas, accroît encore la confusion des genres !


NON-RESPECT DES ACTIONNAIRES

Les présentations ont été longues, la partie des questions orales a en revanche été réduite, Vincent Bolloré estimant qu’il était temps de passer au vote des 27 résolutions. De nombreux actionnaires n’ont pu exprimer leurs questions, alors que c’est le seul moment où les actionnaires peuvent interroger les dirigeants sur leur stratégie !

Autre erreur : en voulant aller vite lors du vote des résolutions, Vincent Bolloré a coupé le temps dévolu aux votes électroniques et a oublié deux résolutions ! En 15 ans d’assemblées générales, nous n’avons jamais constaté une telle désinvolture vis-à-vis des actionnaires. Yannick Bolloré, qui participait à sa première AG de Vivendi en tant que dirigeant de Havas, aura été formé à bonne école !

Nous pourrions aussi revenir sur cette litanie selon laquelle tout est beau et merveilleux, où les échecs (Ubisoft, Telecom Italia…) sont abordés en quelques minutes avec le même leitmotiv : « il n’y a pas de problème »… Les actionnaires méritent tout de même plus de transparence quant aux difficultés que la société rencontre dans certaines de ses activités !

 

MÉLANGE ENTRE LES INTÉRÊTS PATRIMONIAUX ET CEUX DE LA SOCIÉTÉ

Vincent Bolloré a insisté sur l’intérêt qu’il portait à Vivendi. Le groupe Bolloré se renforce progressivement au capital, considérant que le cours de bourse de Vivendi, même s’il progresse plus vite que le CAC 40, demeure très inférieur à sa vraie valeur. Heureusement, est-on en droit de se dire, car la cession de Havas à Vivendi a permis au groupe Bolloré de récupérer des liquidités très importantes… Le groupe Bolloré contrôle Vivendi grâce aux droits de vote double (29,6%) avec 20,6% du capital (en 2015 Phitrust avait échoué à faire supprimer les droits de vote double) : on peut estimer que la trésorerie de Vivendi été utilisée dans un but patrimonial…

Nous avions demandé précédemment à Vincent Bolloré s’il existait des conventions financières entre des sociétés du groupe Bolloré et des filiales du groupe Vivendi. Il serait logique, compte tenu du contrôle exercé par le groupe Bolloré sur Vivendi, que la société en informe les actionnaires pour qu’ils connaissent l’ensemble des flux financiers qui existent entre toutes les sociétés du groupe Bolloré et toutes les sociétés du groupe Vivendi. Nous n’avons pas eu de réponse sur ce point… Les membres indépendants du Conseil de surveillance et les commissaires aux comptes devraient se pencher sur cette question et nous apporter une réponse ; faute de quoi nous pourrions supposer l’existence de flux financiers entre ces entités, au détriment des intérêts des actionnaires minoritaires.
La stratégie proposée par Vincent Bolloré commence à porter ses fruits dans plusieurs activités, notamment Canal+ qui était jusqu’alors un souci majeur pour le groupe. Il est dommage que quasiment aucun autre actionnaire ne porte ces questions auprès de la société et des membres du Conseil de surveillance. La passivité de beaucoup d’investisseurs (y compris ceux se disant « responsables») amène à une situation de contrôle de fait par un groupe familial qui confond gouvernance et intérêt patrimonial. Il est urgent que les actionnaires réagissent et fassent connaître au nouveau président de Vivendi les mesures à prendre pour restaurer une bonne gouvernance dans son groupe, afin de lui donner un cadre pour l’accompagner dans son développement.

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