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Renault : pour un changement des structures de gouvernance

La nomination de Jean-Dominique Senard à la présidence du Conseil d’Administration et de Thierry Bolloré à la Direction Générale est une très bonne nouvelle pour le groupe, ses salariés, ses parties prenantes et notamment les actionnaires. L’Etat français, jouant son rôle « d’actionnaire de référence », a visiblement été très actif pour amener Carlos Ghosn à démissionner de son poste de PDG de Renault, alors qu’il avait été révoqué de son poste de Président de Nissan et de Mitsubishi par les conseils de ces deux sociétés.

La situation va être très complexe à gérer par ce nouveau tandem à la tête de Renault car :
• Carlos Ghosn, avec l’aval du Conseil d’Administration de Renault, avait concentré tous les pouvoirs : la culture du groupe, très centralisée, mettra du temps à se transformer ;
• le rétablissement de la confiance entre les parties prenantes de Nissan, Mitsubishi et Renault sera longue compte tenu des rancœurs accumulées de part et d’autre, mises en exergue par les déclarations de certains dirigeants de Nissan ;
• Jean-Dominique Senard va devoir traiter la question de la gouvernance chez Nissan car, depuis 2015, les représentants de Renault n’ont plus leur libre arbitre en Assemblée Générale pour la nomination du Président de Nissan et pour sa rémunération, et ce alors même que le Groupe Renault dispose de plus de 43% des droits de vote ;
• l’évolution de l’Alliance et sa gouvernance interne devront aussi être revues, dans un contexte très sensible et dans l’intérêt de toutes les parties, qui ont publiquement manifesté leur volonté de continuer à la développer.

La question du renouvellement du Conseil d’administration de Renault se pose très clairement au vu des problèmes aujourd’hui identifiés, qui ont montré que les administrateurs ne jouaient pas leur rôle de contrôle et de contre-pouvoir.

· UNE TRANSFORMATION DE LA GOUVERNANCE 

A l’Assemblée Générale cette année, seuls Chérie Blair et Philippe Lagayette (administrateur référent ayant pris la Présidence provisoire en novembre) sont en renouvellement. Plutôt que de voir les actionnaires demander en Assemblée Générale la révocation d’administrateurs, une transformation de la gouvernance en société à Conseil de Surveillance nous paraît la plus à même de permettre un renouvellement de l’ensemble des membres du Conseil.

Comme nous l’avions déjà proposé au Conseil d’Administration en 2013 et 2014, il est nécessaire que l’ensemble des actionnaires se mobilisent pour rétablir une gouvernance pérenne et plus équilibrée dans le groupe Renault en :
• introduisant dans les statuts la séparation des fonctions avec un Conseil de Surveillance dont tous les nouveaux membres nommés par les actionnaires ont des compétences et une indépendance reconnues ;
• mettant en place un directoire avec un des membres en charge de Renault et un de l’Alliance avec Nissan ;
• s’assurant que les représentants de Renault au Conseil de Nissan soient nommés par le Directoire avec l’aval du Conseil de Surveillance, le Président de Nissan ne pouvant bien évidemment avoir de fonction opérationnelle au sein du groupe Renault.

· RESTAURER LA CONFIANCE DE TOUTES LES PARTIES PRENANTES 

Cette organisation aura le mérite de clarifier la gouvernance du groupe, de renouveler une grande partie des membres du Conseil d’administration sans attaque personnelle et de mettre en place les structures capables de contrôler les directions générales de Renault et de Nissan. Cette évolution est nécessaire pour restaurer la confiance des investisseurs, salariés et parties prenantes dans la gouvernance de Renault et Nissan, mais aussi entre les équipes de Renault et de Nissan.

Olivier de Guerre
Président de Phitrust

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