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Pour une nouvelle gouvernance chez Renault

Les récentes nouvelles venues du Japon sur la fin de détention de M. Ghosn ne sont pas bonnes. Sans présumer bien sûr de son innocence, la situation n’est plus tenable pour le groupe Renault dont le PDG est incarcéré.

Le Conseil d’Administration a mis en place une gouvernance transitoire avec Philippe Lagayette prenant le rôle de président et Thierry Bolloré celui de directeur général délégué. Cette décision, logique au moment de l’incarcération, ne peut s’éterniser. Le groupe Renault est en proie à un risque majeur au vu des enjeux considérables liés à la relation avec Nissan et à l’évolution du marché automobile.

· UN MANQUE DE CONTRÔLE 

Cette crise est malheureusement inédite et complexe à gérer car :
• Carlos Ghosn, avec l’aval du Conseil d’Administration de Renault, avait concentré tous les pouvoirs chez Renault et Nissan. Les dérives malheureuses qui se seraient produites, si les faits qui lui sont reprochés sont avérés, auraient probablement pu être évitées avec un contrôle effectif de la direction générale.
• Suite à la problématique des droits de vote double posée par la loi Florange, une gouvernance totalement indépendante de Renault a été organisée chez Nissan. Les représentants de Renault sont tenus de voter en assemblée générale comme le conseil de Nissan pour la nomination du Président, sa rémunération etc. Cette gouvernance s’est retournée contre M. Ghosn, les administrateurs représentant Renault ayant dû approuver sa révocation chez Nissan…

Le groupe Renault, qui dispose de 43 % des droits de vote chez Nissan, dispose donc de droits limités en assemblée générale (ce qui est pour le moins paradoxal), le pire étant que cette gouvernance a été validée par le Conseil d’Administration et les actionnaires de Renault en 2016…

· RÉTABLIR UNE GOUVERNANCE ÉQUILIBRÉE

Comme nous l’avions proposé en 2014 et en 2015, il est urgent que les actionnaires se mobilisent pour rétablir une gouvernance équilibrée dans le groupe Renault en :
• introduisant la séparation des fonctions, en passant d’une société à conseil d’administration à une société avec un Conseil de Surveillance dont tous les nouveaux membres nommés par les actionnaires auront des compétences et une indépendance reconnues ;
• mettant en place un Directoire dont le Président pourrait éventuellement être Carlos Ghosn (s’il est innocenté par la justice japonaise) et dont un des membres serait chargé de Renault et un autre de l’Alliance avec Nissan ;
• s’assurant que les représentants de Renault au Conseil de Nissan soient nommés par le Directoire avec l’aval du Conseil de Surveillance, le Président de Nissan ne pouvant bien évidemment pas disposer de fonction opérationnelle au sein du groupe Renault.

Cette organisation aurait le mérite de clarifier la gouvernance du groupe, de mettre en place les structures capables de contrôler les directions générales de Renault et de Nissan, en s’assurant par exemple que les rémunérations de l’ensemble des dirigeants soient « raisonnables » et en ligne avec ce qui est annoncé aux actionnaires et régulateurs (une demande que nous avons formulée depuis de nombreuses années chez Renault). Phitrust va proposer cette année de modifier les statuts de Renault en Conseil de Surveillance et Directoire. Si vous êtes prêts à nous soutenir, rejoignez-nous !

Olivier de Guerre
Président de Phitrust

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