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[Edito] Renault / Vivendi : les administrateurs ne seraient-ils pas responsables ?

La presse se fait l’écho des accusations portées contre Carlos Ghosn au Japon et en France. Certains l’ont déjà condamné, d’autres crient à la manipulation par des dirigeants de Nissan et s’offusquent du manque de soutien de l’Etat français au dirigeant d’une des plus belles sociétés françaises, devenue la première entreprise mondiale grâce à ses choix et son alliance avec Nissan puis Mitsubishi.

Les rares interviews publiques de Carlos Ghosn nous laissent pour le moins perplexes, car il a clairement indiqué ne pas comprendre ce qui lui était reproché, notamment car ses « collaborateurs étaient au courant et avaient signé les dits contrats pour les rémunérations décalées ou virements à l’étranger… » Pas un mot pour indiquer que les Conseils d’administration ou Comités de rémunération en avaient été avisés ! Et pour cause, à la suite de nos questions sur la transparence de toutes les rémunérations de Carlos Ghosn dans le groupe (y compris aux Pays-Bas, en Russie ou dans toute autre filiale) et celles du Président du Comité des rémunérations à Proxinvest (dans une réunion au siège de Renault en juillet 2017), les réponses ont toujours été les mêmes depuis dix ans : Renault n’est pas au courant !

· UN MANQUE DE TRANSPARENCE 

Pourquoi les membres du Conseil d’administration n’ont-ils pas demandé au PDG, M. Carlos Ghosn, de leur assurer que toutes les rémunérations qui lui étaient attribuées étaient transparentes ? Nous avions pourtant interpellé à maintes reprises l’Assemblée générale, et la presse se faisait l’écho de ces interrogations.

Comment les commissaires aux comptes de Renault et de Nissan ont-ils pu passer à côté de ces rémunérations et engagements non publiés, alors même qu’ils participent à l’Assemblée Générale de Renault et entendent les questions des actionnaires, ou lisent la presse qui s’interrogeait ? Le fait que Carlos Ghosn signe une décharge sur la communication de tous les éléments comptables et extra comptables exonère-t-il EY de toute responsabilité ?

Comment les administrateurs concernés, au premier rang desquels Patrick Thomas, président du Comité des rémunérations jusqu’en 2018, et EY peuvent-ils poursuivre leurs mandats d’administrateurs et de commissaire aux comptes, comme si la collégialité des Conseils d’administration et les lettres de décharges signées par le PDG les exonéraient de toute responsabilité ?

· UNE CONFUSION DES GENRES CHEZ VIVENDI 

Chez Vivendi, le Président du Conseil de surveillance, Yannick Bolloré, est aussi Président Directeur Général de la filiale Havas. Même si cela est parfaitement légal (probablement parce que le législateur n’avait pas pensé qu’une telle hypothèse serait possible), comment les membres du Conseil de surveillance non liés au groupe Bolloré ont-ils pu accepter une telle gouvernance ? Comment ont-ils pu accepter que le Directoire soit supervisé par un des dirigeants opérationnels qu’ils sont censés diriger ?

Cette confusion des genres ne permet aucun contrôle et supervision sur les décisions prises par Vivendi, alors même que le groupe Bolloré est minoritaire ! Les membres du Conseil de Surveillance ne sont-ils pas censés s’assurer d’une bonne gouvernance pour le compte de tous les actionnaires ? Quelle responsabilité pensent-ils avoir vis-à-vis des actionnaires et salariés ?

Olivier de Guerre
Président de Phitrust

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